Commission européenne et OGM (source Greenpeace)
Le mouvement anti-OGM compte désormais un allié inattendu:
la Commission européenne, l'institution de l'Union européenne la plus « pro-OGM », exprime de sérieuses réserves.
" l'état actuel de l'évaluation des risques environnementaux liés au Bt en Europe montre qu'il reste encore de fortes raisons de s'inquiéter au sujet de la toxine Bt […]"
" les effets indirects sur l'environnement ou sur la santé humaine […] restent aujourd'hui un domaine encore largement inexploré"
Au sujet des mesures qu'impliquerait la "coexistence" entre cultures OGM et cultures non OGM : " c'est techniquement faisable mais difficile à mettre en oeuvre dans le cadre légal actuel. Cela entraînerait aussi des coûts supplémentaires pour les agriculteurs non OGM"
Ces citations tout à fait réelles sont extraites d'un document rédigé début 2005 par la Commission, sommée de justifier la politique européenne en matière d'OGM au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). En mai 2003, les Etats-Unis, le Canada et l'Argentine avaient déposé une plainte officielle auprès de l'OMC, jugeant la politique de l'Europe trop restrictive à l'égard des OGM et l'accusant de faire obstacle au commerce.
Au fil des pages de cet argumentaire, la Commission démontre à quel point les risques sanitaires et environnementaux liés aux OGM comportent des incertitudes et des lacunes. Mais – comble du paradoxe ! – alors même qu’elle argumentait contre les OGM au sein de l’OMC, la Commission essayait d’imposer ces mêmes OGM aux Etats membres de l’UE et aux citoyens européens : fin du moratoire européen sur les nouvelles autorisations d’OGM, tentatives de forcer les Etats membres à lever leurs interdictions nationales sur des OGM, autorisation de commercialisation de 31 variétés de maïs transgénique…
Le rapport « Commission européenne et OGM : les doutes qu’on nous cache », réalisé en avril 2006 par Les Amis de la terre Europe et Greenpeace, met en évidence ce scandaleux double discours. L’organe le plus « pro-OGM » de l’UE connaît parfaitement les incertitudes et les doutes sur l’innocuité des OGM. En rendant publiques les contradictions de la Commission, les associations espèrent créer les conditions d’un changement de la politique de la Commission européenne sur les OGM, seul à même de restaurer la confiance des citoyens européens à son égard. Elles exigent en particulier que la Commission favorise la protection de l’environnement et de la santé dans les processus de prise de décision, plutôt que les intérêts des industries biotechnologiques, ainsi que le requiert le principe de précaution.
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