I'm the walrus, I'm the eggman...
Quand on va voir une pièce dont le seul et unique acteur va monologuer dans le rôle d’Antonin Artaud, on s’attend forcément à un moment déjanté, et quand on va voir une pièce dont le seul et unique acteur va monologuer dans le rôle d’Antonin Artaud qui nous raconte sa rencontre avec Hitler, on s’attend au pire !
Place du Parlement : je suis seule sur mon côté de trottoir, de l’autre côté un homme à l’air, il faut bien le dire, louche. Il traverse la rue en zigzaguant : « Je peux vous demander quelque chose ? » « Heu, oui… » « Vous faites des photos en noir et blanc ? » pas de réflexion : « Non, désolée » Phrase toute faite pour ce genre de situations… Puis je réfléchi… Etrange comme question… Bref, passons…

Il m’a fallu environ 20 minutes pour « rentrer » dans la pièce (bon, la tête de la dame, l’élocution en allemand de l’acteur et les surtitres illisibles ont contribués à ce temps relativement long pour une pièce d’une heure quinze) mais, ensuite, un régal !
20 minutes aussi car…
La moustache d’Hitler (qui n’a pas une « physionomie théâtrale, sauf peut-être pour un théâtre de province »), c’est effrayant…La folie ça dérange, forcément… Les cris, c’est fort et surprenant…
Mais tout ça est finalement très attachant et quand l’acteur se met à chanter du Dalida, on est conquis !!!
Le texte de Tom Peuckert est un bijou littéraire, la mise en scène de Paul Plamper époustouflante (la cage est truffée de micros, ce qui donne des effets sonores particulièrement intéressants) et le jeu de Martin Wuttke, une pure délectation !
PPS:
je n'ai pas trouvé sur le net la retranscription des 8 lignes d'Artaud
à Hitler, sur quoi Peuckert a basé sa pièce mais j'ai trouvé cette lettre d'Artaud
qui illustre bien son obsession du nazisme, lui qui appelait Hitler
« l’impur Moldo-Valaque de la race des singes innés ».
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